Volcano Marathon 2013

   Pour cette aventure et mon voyage au Chili, j’ai réduit mon alimentation, sauf l’eau, bue par petites gorgées. Aucune alimentation pendant l’épreuve. Mon cœur battait très vite à cette altitude, mais mon objectif restait la réussite.

Entre mon départ de Saint-Pierre-des-Corps en TGV et mon arrivée à San Pedro de Atacama, il s’est écoulé plus de vingt heures, avec correspondances à Miami, Santiago du Chili et Calama.

Pour mettre toutes les chances de mon coté, je suis arrivé en même temps que l’équipe organisatrice, avec 5 jours d’avance pour une m’adapter au mieux à l’altitude : à Calama, la dernière correspondance, nous sommes déjà à 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Nous sommes logés dans un hôtel 5 étoiles à 2 h de l’aéroport en plein milieu de nulle part. Pas de route, que des chemins de terre et de cailloux, mais beaucoup de plaisir d’être enfin arrivé.

Nous suivons plusieurs séances d’entrainement pour tester nos capacités à plus de 3000 mètres d’altitude : aucun problème pour les concurrents, sauf pour le seul autre participant français ! Il doit être évacué pour cause de mal aigu des montagnes, et je me retrouve seul Français à cette première édition du Volcano Marathon !

drapeauvolcano

Je puise dans mes ressources, comme dans toutes mes courses. La solution magique pour réaliser cette épreuve : je n’utilise pas de poche à urines comme au pôle Nord. Ici, le soleil me fait perdre un peu de sueur alors je prends le pari de tenir ainsi. Je dois également organiser mes prises de médicaments, mais grâce à mes années d’entraînement, je dois pouvoir tenir sur l’épreuve.

Le seul problème reste le soleil brûlant – il n’y a aucun nuage dans le ciel de l’Atacama – alors je me couvre de la tête aux pieds pour éviter les brûlures.

Soulever les pieds de plus de 5 cm sur un sol de cailloux, de sable et de petits gravillons se révèle difficile. Pour avoir un meilleur équilibre, je me sers de bâtons de ski.

 

  Le 14 novembre 2013, réveil à 6h00 pour un départ de l’hôtel à 7h00. Les 21 participants déjeunent, moi pas. Pour nous rendre sur le site du marathon nous prenons deux véhicules avec notre équipement, nourriture, eau, barres énergétiques, etc. Le trajet dure plus de 2 heures à travers des chemins de plus en plus petits. Plus nous avançons, plus nous prenons de l’altitude. Les paysages changent peu à peu, nous offrant un panorama sublime sur pas moins de dix volcans. Malgré le terrain désertique, il y a une forte probabilité de neige sur le sol à la ligne de départ.

Arrivée au point zéro à 9h30, sous le tropique du Capricorne, à côté du volcan Lascar, l’un des volcans les plus actifs dans le nord du Chili. Un dernier briefing avec photo à 4475 mètres d’altitude. L’air est très sec, pauvre en oxygène (-44%), ma respiration rapide.

Nous sommes tous impatients. La corne de brume résonne, Richard donne le départ à 10h00. Nous y voilà !

Je suis là, en bas à droite !

Je suis là, en bas à droite !

   Le marathon présente un circuit très difficile avec des lignes droites à perte de vue au milieu de nul part, des dénivelés énormes ; pour ma part, c’est du jamais vu – et du presque improvisé ! J’avais préparé le marathon du pôle Sud en 2013 par -30°C pendant 6 mois, mais au dernier moment j’ai dû changer pour le chaud pour une question de logistique.

Sur ce challenge, la température de départ est de 7°C, mais elle monte au fil de l’épreuve pour finir à plus de 40°C, mon corps a du mal à respirer. La chaleur vous brûle, les chaussures (avec trois tailles au-dessus de ma pointure) vous paraissent de plus en plus lourdes au fil des kilomètres. J’ai très soif, mes pieds butent dans chaque pierre que dépasse.

Les contrôles médicaux tous les 5 km me montrent une fréquence cardiaque souvent à la limite du raisonnable. Au bout de 6h 51min 51 secondes, mon corps ne me porte plus, même si mon cerveau lui ordonne de continuer : le semi-marathon validé, je suis forcé d’arrêter après avoir parcouru 25 kilomètres. Cela en valait la peine. Je suis un homme qui teste la machine humaine, qui défend des idées.
Richard Donovan l’a compris depuis longtemps : l’accessibilité doit devenir une priorité en France, comme le regard sur la différence.
Tant que l’humain ne changera pas son comportement, je continuerai à me battre pour attirer son attention.

Avec Richard Donovan, organisateur de marathons extrêmes

Avec Richard Donovan, organisateur de marathons extrêmes

Décideurs politiques, élus de tous partis, il ne tient qu’à vous de changer pour un monde où « différence » ne serait plus synonyme d’ « exclusion ».

J’espère que cette aventure fera écho.

 

Remerciements :

Je n’aurais jamais pu participer à cette épreuve sans la magnifique invitation de Monsieur Richard Donovan. Merci à lui d’avoir invité un Français à participer à cette aventure pour évoquer son histoire. Merci Richard et merci à toute ton équipe… Une solide amitié est née depuis quelques années maintenant.

N’hésitez pas à visiter le site du Volcano Marathon : www.volcanomarathon.com

 

En novembre 2014, je participe au marathon du pôle Sud en Antarctique — toujours avec mon ami Richard Donovan, organisateur de l’épreuve. Si l’aventure vous tente, suivez-moi !

 

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